Les petites et moyennes entreprises (PMEs) jouent un rôle essentiel dans la production de biens et de services. Dans les 36 pays de l’Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE) dont le Canada et les États-Unis font partie, elles constituent plus de 95% des entreprises et fournissent environ 2/3 des emplois [1]. Ces entreprises produisent presque tout ce qu’on achète et ce qu’on utilise, d’où leur rôle essentiel dans notre société. Néanmoins, ce rôle est accompagné d’une certaine responsabilité sociale et environnementale. Elles produisent ce qu’on consomme, mais également ce qu’on jette en jouant un rôle colossal dans la problématique des changements climatiques [2]. Bien que l’empreinte environnementale et sociale d’une seule PME puisse être relativement faible, leur volume significatif se traduit par un impact notoire lorsqu’aggloméré. En Europe seulement, les PMEs sont responsables de 60 à 70% de la pollution industrielle [3]

Au Québec, en 2019, 14% de la consommation d’énergie totale était attribuable au secteur commercial et institutionnel. Les principales sources d’énergie utilisées sont l’électricité (60%) et le gaz naturel (31%) [4]. La gestion des matières résiduelles, le transport, la production des biens et les opérations journalières sont d’autres sphères d’entreprises qui sont également sources d’émission de GES et d’autres polluants. Un sondage conduit par CPA Canada et FEI Canada sur la manière dont les entreprises canadiennes gèrent leurs GES a permis de déterminer que 63% des entreprises ne font pas de suivi de leurs émissions de GES et que 67% des entreprises n’ont pas établi d’objectif volontaire de réduction de leurs GES et ne prévoient pas le faire [5]

Pourtant, leur grand volume peut servir de catalyseur important de la transition vers une économie verte. Une économie verte minimise les impacts environnementaux des activités tout en améliorant le bien-être de la société par la création d’emplois et par la croissance économique. Bien que la croissance économique ait mené à une dégradation des ressources naturelles et des écosystèmes [1], il est possible de consolider développement et soutenabilité à condition de se baser sur la science et d’intégrer des pratiques plus soucieuses. 

 

Secteurs modulables; émissions compressées

Ainsi, si toutes les PMEs de l’OCDE se mettaient à revoir la gestion de leurs chaînes d’approvisionnement, de leur utilisation d’énergie, de leurs matières résiduelles, de leurs pratiques de transports et de production, alors l’impact aggloméré de ces changements serait significativement positif pour le climat. Elles sont centrales pour l’atteinte de la soutenabilité environnementale et cette transition des pratiques et des valeurs entrepreneuriales offre une opportunité aux entreprises d’offrir des biens et des services à valeur environnementale intéressante [6]. Au Québec, la consommation énergétique dans les secteurs résidentiels, commerciaux et institutionnels est responsable de l’émission de 8,4 mégatonnes de CO2 [8]. Néanmoins, ce secteur présente une opportunité de réduction des GES pertinente et intéressante. Plus de 70% des émissions de GES qui y sont associées sont compressibles à condition d’abandonner les énergies fossiles et d’incorporer des designs d’efficacité énergétique [7]

L’amélioration de la gestion des matières résiduelles dans les entreprises est au cœur des problématiques du gaspillage de ressources, de la pollution et de l’émission de GES [9]. En implantant des mesures de tri et de revalorisation de ces matières, il y a une réduction de leur quantité qui se retrouve actuellement enfouie. Ces pratiques induisent une réduction des émissions de méthane et une augmentation des matières réutilisées et recyclées. 

Le poids des transports dans le bilan des émissions de GES du Québec est assez lourd : 36,5 mégatonnes de CO2. C’est 83% de l’énergie utilisée dans le secteur des transports qui est imputable au transport des marchandises et aux véhicules personnels [4]. Ainsi, une meilleure gestion de ceux-ci dans les entreprises ou encore la modification de la source d’approvisionnement des matériaux pour diminuer la distance entre matières premières et produit final ou encore l’électrification de ceux-ci, si possible, sont des pistes de solutions pertinentes dans la réduction des GES émis. Ces secteurs d’actions potentielles sont des exemples concrets de gestes qui peuvent sembler futiles lorsqu’appliqués par une seule entreprise, mais qui trouvent un rôle pertinent lorsqu’appliqués collectivement.

 

Transition : couteux et complexe?

Traditionnellement, il y a un stigma du fardeau financier associé à la transition des pratiques entrepreneuriales classiques vers des pratiques plus soucieuses de l’environnement. On a tendance à croire que l’implantation de ces pratiques sont très couteuses et très complexes. Cependant, il y a des opportunités financières intéressantes comme certains allègements financiers et la disponibilité de subventions gouvernementales. On note que certaines entreprises voudraient modifier leurs pratiques, mais qu’elles sont freinées par le manque d’expertises et par le manque de connaissances dans le domaine.

La plupart des entreprises qui implantent ces mesures volontaires sont motivées par des valeurs internes. Elles sont conscientes de leur impact et des enjeux actuels. Pour ces entreprises, les mesures qui sont mises sur pied représentent aussi des nouvelles opportunités de marché et une découverte de zones modelables qui ont un potentiel de réduction des coûts des opérations journalières [1]. Une gestion des matières résiduelles mieux planifiée diminue les coûts de traitement de celles-ci ainsi que les coûts d’approvisionnement en matières premières [10]. Les pratiques soucieuses de l’environnement n’induisent pas systématiquement une augmentation des coûts. Si une entreprise travaille avec des matériaux plus efficaces que les matériaux utilisés initialement, alors la quantité requise en approvisionnement est réduite et les coûts associés le sont également. On peut tirer plusieurs avantages externes comme un marketing compétitif, la réduction de la pollution et des GES et l’obtention d’une image publique positive. 

Un sondage mené auprès de PMEs de l’Ohio ayant implanté des mesures adaptatives soucieuses de l’environnement par les changements comportementaux (matières résiduelles, transports et énergie), conclue que celles-ci ont observé des bénéfices importants dans la réduction des coûts opérationnels, dans la réputation de leur entreprise, dans l’augmentation de leurs ventes ainsi que dans le bien-être communautaire [1].

Chez Will, nous accompagnons les entreprises conscientes de leur impact dans les changements climatiques dans l’implantation de mesures pertinentes et réalisables en offrant notre expertise et nos connaissances reconnues à l’échelle internationale. En calculant l’empreinte carbone initiale des entreprises, on peut établir quelles zones d’activités nécessitent le plus d’attention et de mesures d’adaptation. Puis, on transige ces résultats de réduction d’impact environnemental sur les marchés volontaires du carbone, sous forme de crédits de carbone. Les entreprises avec qui nous travaillons reçoivent l’argent de la vente de ces crédits. En d’autres mots, lorsque les entreprises travaillent avec nous, elles reçoivent des avantages financiers pour leurs efforts de réduction de leur impact sur le climat. La portée de ces changements comportementaux peut sembler faible, mais Will a réussi à réduire les émissions de GES québécoises de plus de 5,2 millions de tonnes entre 2010 et 2018 en travaillant à l’amélioration de l’utilisation de l’énergie et de la gestion des matières résiduelles chez les PMEs. C’est dans la collectivité que l’action climatique prend son sens!